Illustration du domaine Environnement et climat

Les séries de résultats de ces exercices sont construites pour l'activité et ne proviennent pas d'une étude réelle.

Un milieu qui change avec les saisons

Un milieu de vie (prairie, haie, mare, forêt) n'est pas figé. Le peuplement désigne l'ensemble des êtres vivants présents dans ce milieu à un moment donné. Il varie au cours de l'année, car les conditions du milieu changent : température, durée du jour, quantité d'eau, nourriture disponible. Observer un milieu une seule fois ne donne donc qu'une image partielle de ce qui s'y passe.

Quatre façons de traverser la mauvaise saison

  • Rester actif en changeant de mode de vie. La mésange charbonnière reste toute l'année : elle se nourrit surtout d'insectes et de petits invertébrés en été, et davantage de graines en hiver.
  • Migrer. La migration est un déplacement régulier, aller puis retour, entre deux zones de vie. L'hirondelle rustique mange des insectes volants ; quand ils se raréfient, elle quitte la région et revient au printemps.
  • Ralentir sa vie : hibernation et dormance. Un hérisson en hibernation vit au ralenti : sa température corporelle baisse, son cœur et sa respiration ralentissent. Il consomme les réserves de graisse accumulées à l'automne. Chez les végétaux, une graine ou un bulbe en dormance reste vivant mais ne se développe pas tant que les conditions ne sont pas favorables.
  • Passer l'hiver sous une autre forme. Beaucoup d'insectes adultes ne survivent pas à l'hiver, mais leurs œufs, larves ou chrysalides, cachés dans le sol, l'écorce ou la litière, passent la saison froide. Le cycle de vie (œuf, larve, chrysalide, adulte pour un papillon) explique alors leur retour au printemps.

Pourquoi la nourriture varie selon la saison

Au printemps, la lumière et la chaleur augmentent. Les plantes vertes fabriquent de la matière organique à partir d'eau, de sels minéraux et de dioxyde de carbone, en utilisant l'énergie de la lumière. Cette matière nourrit les insectes herbivores, qui nourrissent à leur tour des animaux insectivores. On obtient une chaîne alimentaire : plante, puis insecte, puis hirondelle. Un animal fabrique sa propre matière à partir de la matière organique qu'il mange. Si un maillon devient rare, les êtres vivants qui en dépendent sont touchés.

Vocabulaire à maîtriser

  • Peuplement : êtres vivants présents dans un milieu à une date donnée.
  • Migration : déplacement régulier et périodique vers un autre lieu.
  • Hibernation : état de vie très ralentie de certains animaux pendant la saison froide.
  • Dormance : arrêt temporaire du développement, réversible, d'une graine, d'un bulbe ou d'un bourgeon.
  • Cycle de vie : suite des stades d'un être vivant, de la naissance à la reproduction.

Exemple analysé

Dans un verger, on ne voit en février ni chenille ni papillon. En avril apparaissent des chenilles, puis en mai des papillons. Analyse : en février, l'espèce n'est pas absente du milieu, elle est présente sous une forme cachée (œufs sur les branches ou chrysalides dans la litière). Les chenilles apparaissent quand les feuilles sont de nouveau disponibles pour s'en nourrir. Conclusion prudente : une absence d'observation à une date ne prouve pas la disparition de l'espèce. Il faut chercher les stades cachés et répéter les observations à plusieurs dates. Ce raisonnement ne vaut que pour ce verger et pour cette espèce ; il ne se généralise pas automatiquement à tous les insectes.

Un piège à éviter

Beaucoup pensent que « tout animal qui n'est plus visible en hiver est mort » ou que « migrer et hiberner, c'est la même chose ». C'est faux. Un migrateur quitte le milieu mais reste actif ailleurs. Un hibernant reste sur place, caché, avec une vie ralentie. Un animal qui hiberne ne dort pas simplement : il dépend de ses réserves, et des réveils répétés les épuisent. Il faut donc ne jamais déranger un animal en hibernation. Enfin, un animal discret peut sembler absent alors qu'il est seulement difficile à voir.

Insectes volants comptés dans la prairie selon le mois

Insectes volants comptés dans la prairie selon le mois03060901202Janvier14Mars85Mai120Juillet25OctobreInsectes volants comptés (par parcours)Mois du relevé

Faire défiler le schéma horizontalement si nécessaire.

Données fictives construites pour l'activité, non issues d'une étude réelle. Données pédagogiques simplifiées d'une prairie, relevées à cinq dates avec le même parcours de 10 minutes. Le nombre d'insectes volants augmente de janvier à juillet puis diminue en octobre, ce qui modifie la nourriture disponible pour les insectivores.

Les séries de résultats de ces exercices sont construites pour l'activité et ne proviennent pas d'une étude réelle.

Situation-problème

Les élèves de 6e étudient une prairie bordée d'une haie, près de leur collège. En janvier, le milieu semble presque vide : peu d'oiseaux, presque aucun insecte visible, aucun hérisson. En juillet, il grouille de vie. Un élève affirme que les animaux absents en hiver sont morts de froid et que de nouveaux animaux arrivent chaque été. Pour vérifier cette idée, la classe a réalisé des relevés à cinq dates et a consulté le compte rendu de suivi d'un hérisson. À l'aide des deux documents, vous devez expliquer comment le peuplement de ce milieu change et pourquoi l'idée de l'élève est trop simple.

Document 1 : relevés de la prairie sur une année

Données pédagogiques simplifiées. Chaque relevé suit le même parcours de 10 minutes, à la même heure de la journée, par temps sec. Les hérissons sont comptés lors de 5 soirées d'observation par mois, depuis une fenêtre, sans les déranger.

MoisTempérature moyenne (°C)Insectes volants comptés (par parcours)Hirondelles rustiques comptéesMésanges charbonnières comptéesHérissons vus (total sur 5 soirées)
Janvier32060
Mars814051
Mai1585746
Juillet211201238
Octobre1125052

Note de l'équipe : en été, le feuillage dense de la haie cache les mésanges, qui sont plus difficiles à compter. Une association locale signale par ailleurs que des hirondelles marquées dans la région au printemps ont été revues en hiver à plus de 4 000 km, dans une zone plus chaude.

Document 2 : compte rendu de suivi d'un hérisson

Données pédagogiques simplifiées. Un hérisson de jardin est suivi par un centre de soins qui l'a équipé d'un petit repère d'identification. Les mesures sont faites par des soigneurs formés, avec un protocole adapté à l'animal.

DateObservationMasse (g)Température corporelle (°C)
20 octobreActif la nuit, mange des vers et des insectes au sol90035
15 décembreDans un nid de feuilles sèches, enroulé en boule, ne réagit pas à un léger bruit, respiration très lente8408
1er marsToujours dans le nid, enroulé, quelques mouvements lents7609
15 avrilActif la nuit, cherche de la nourriture74034

Exercice 1 : Lire et décrire les relevés

  1. Décrivez l'évolution du nombre d'insectes volants de janvier à octobre, en citant les valeurs extrêmes.
  2. Relevez les mois où des hirondelles sont comptées, puis ceux où elles ne le sont pas.
  3. Comparez l'évolution des mésanges et celle des hirondelles. Que montre cette différence sur leur manière de passer l'hiver ?
  4. Formulez une hypothèse qui relie la présence des hirondelles à celle des insectes. Précisez ce qu'il faudrait vérifier pour la confirmer.

Exercice 2 : Calculer et critiquer le protocole

  1. Calculez le nombre moyen d'insectes volants comptés par minute en janvier, en juillet et en octobre.
  2. Par combien le nombre d'insectes volants est-il multiplié entre janvier et juillet ?
  3. Calculez le nombre moyen de hérissons vus par soirée en mai, en juillet et en octobre.
  4. Calculez la masse perdue par le hérisson entre le 20 octobre et le 15 avril, puis cette perte en pourcentage de sa masse initiale (arrondie au dixième).
  5. Citez trois conditions que les élèves gardent identiques d'un relevé à l'autre et expliquez pourquoi c'est utile pour comparer les mois.

Exercice 3 : Argumenter en confrontant les documents

  1. L'élève affirme : « Les hirondelles et les hérissons disparaissent en hiver parce qu'ils meurent de froid. » À l'aide des deux documents, montrez que cette affirmation est inexacte pour au moins l'un des deux animaux, puis nuancez pour l'autre.
  2. Associez la mésange, l'hirondelle et le hérisson à une stratégie (rester actif, migrer, hiberner) en citant un indice précis pour chacun.
  3. Un autre élève écrit : « L'augmentation des insectes est la cause de l'arrivée des hirondelles. » Expliquez ce que les données permettent d'affirmer et ce qu'elles ne permettent pas d'affirmer.
  4. Rédigez une conclusion de quatre phrases maximum sur le changement de peuplement de la prairie, en indiquant une limite de cette étude.

Correction complète

Exercice 1 : correction

  1. Le nombre d'insectes volants augmente de 2 en janvier à 14 en mars, 85 en mai, puis atteint son maximum de 120 en juillet. Il baisse ensuite à 25 en octobre. La température suit la même tendance : 3 °C en janvier, 21 °C en juillet, 11 °C en octobre. Critère de réussite : valeurs chiffrées citées, minimum et maximum identifiés.
  2. Des hirondelles sont comptées en mai (7) et en juillet (12). Elles sont absentes en janvier, mars et octobre (0 à chaque relevé).
  3. Les mésanges sont présentes à chaque relevé (6, 5, 4, 3, 5) : elles restent sur place toute l'année. Leur baisse estivale s'explique en partie par la difficulté de les voir dans le feuillage, comme l'indique la note. Les hirondelles, elles, sont absentes trois fois sur cinq : elles ne passent pas l'hiver dans la prairie.
  4. Hypothèse : les hirondelles se nourrissent d'insectes volants et sont présentes quand ceux-ci sont abondants (85 et 120). Pour la confirmer, il faudrait aussi observer leur alimentation et suivre plusieurs années. Limite : en octobre, il y a encore 25 insectes mais aucune hirondelle, donc d'autres facteurs, comme la température ou la durée du jour, peuvent intervenir.

Exercice 2 : correction

  1. Le parcours dure 10 minutes. Janvier : 2 ÷ 10 = 0,2 insecte par minute. Juillet : 120 ÷ 10 = 12 insectes par minute. Octobre : 25 ÷ 10 = 2,5 insectes par minute.
  2. 120 ÷ 2 = 60. Le nombre d'insectes comptés est multiplié par 60 entre janvier et juillet.
  3. Mai : 6 ÷ 5 = 1,2 hérisson par soirée. Juillet : 8 ÷ 5 = 1,6. Octobre : 2 ÷ 5 = 0,4.
  4. Entre le 20 octobre et le 15 avril, la perte est de 900 - 740 = 160 g. En pourcentage : 160 ÷ 900 × 100 ≈ 17,8 %. Cette perte correspond à la consommation des réserves de graisse pendant l'hibernation, la nourriture étant quasi absente. Si l'on s'arrête au 1er mars, la perte est de 140 g, soit environ 15,6 %.
  5. Conditions identiques : même parcours, même durée (10 minutes), même heure, même météo (temps sec). Cela évite qu'une différence de comptage vienne de la méthode et non du mois. Répéter les relevés rendrait aussi les valeurs plus fiables. Critère de réussite : trois conditions citées et la raison explicitée.

Exercice 3 : correction

  1. Pour le hérisson, l'affirmation est inexacte. Le Document 2 montre qu'il est bien vivant en décembre et en mars : il est enroulé dans son nid avec une température corporelle de 8 à 9 °C, une respiration très lente, et il est de nouveau actif en avril. C'est une hibernation. Pour l'hirondelle, le Document 1 montre son absence de la prairie en hiver. Rien ne prouve qu'elle soit morte : la note indique que des hirondelles marquées ont été revues très loin dans une zone plus chaude, ce qui indique une migration. Une partie des individus peut toutefois mourir au cours de l'année, ce que ces documents ne permettent pas de mesurer.
  2. Mésange : rester actif, car elle est comptée à chaque relevé, y compris en janvier (6). Hirondelle : migrer, car elle est absente d'octobre à mars et signalée loin en hiver. Hérisson : hiberner, car il est enroulé dans son nid, avec une température corporelle de 8 °C et une masse qui diminue.
  3. Les données montrent une présence simultanée : les hirondelles sont là quand les insectes sont nombreux. Cela rend l'hypothèse plausible, mais une corrélation n'est pas une preuve de cause. Le relevé d'octobre (25 insectes, aucune hirondelle) montre que d'autres facteurs interviennent. Seul un suivi plus complet, incluant l'alimentation des oiseaux, permettrait de conclure plus solidement.
  4. Exemple de conclusion : le peuplement de la prairie change avec les saisons. Les insectes et les hirondelles sont abondants en été, alors que la mésange reste présente toute l'année et que le hérisson passe l'hiver caché en hibernation. L'absence d'un animal en hiver ne signifie donc pas sa mort. Limite : ces relevés portent sur un seul site et une année, on ne peut pas généraliser à tous les milieux. Critères de réussite : trois stratégies distinguées, un chiffre cité, une limite exprimée, absence de lien de cause affirmé sans preuve.

Sources et programme