Illustration du domaine Corps humain et santé

Les séries de résultats de ces exercices sont construites pour l'activité et ne proviennent pas d'une étude réelle.

Une régulation par messagers chimiques

La reproduction humaine est coordonnée à distance par des messagers chimiques. Une hormone est une molécule produite par des cellules endocrines et libérée dans le sang. Elle agit à très faible concentration sur des cellules cibles, c'est-à-dire des cellules qui possèdent des récepteurs spécifiques de cette hormone. Le sang transporte le message partout, mais seules les cellules équipées du bon récepteur y répondent.

Trois niveaux de commande

  • L'hypothalamus, région du cerveau, libère par pulsations la GnRH, qui agit sur l'hypophyse.
  • L'hypophyse, glande située sous le cerveau, libère deux hormones dites gonadotropes : la FSH et la LH.
  • Les gonades (ovaires chez la femme, testicules chez l'homme) fabriquent les gamètes et sécrètent des hormones sexuelles : œstradiol et progestérone pour les ovaires, testostérone pour les testicules.

Le cycle ovarien de la femme

Le cycle dure en moyenne 28 jours, avec de fortes variations selon les personnes. Pendant la phase folliculaire, la FSH stimule la croissance de follicules dans l'ovaire. Les cellules du follicule en croissance sécrètent de l'œstradiol, qui provoque l'épaississement de la muqueuse utérine, l'endomètre. Tant que l'œstradiol reste à un niveau modéré, il exerce un rétrocontrôle négatif : il freine la libération de FSH et de LH. Lorsque l'œstradiol atteint une concentration élevée pendant plusieurs jours, l'effet s'inverse : c'est un rétrocontrôle positif qui déclenche un pic de LH. Environ un jour plus tard, ce pic provoque l'ovulation, la libération d'un ovocyte par le follicule mûr.

Après l'ovulation, le follicule restant se transforme en corps jaune. Celui-ci sécrète de la progestérone et de l'œstradiol, qui préparent l'endomètre à une éventuelle implantation de l'embryon et exercent de nouveau un rétrocontrôle négatif sur l'hypophyse. En l'absence de grossesse, le corps jaune régresse, les taux hormonaux chutent et l'endomètre est éliminé : ce sont les règles, qui marquent le début d'un nouveau cycle.

Chez l'homme

La LH stimule la sécrétion de testostérone par des cellules situées entre les tubes séminifères. La FSH et la testostérone soutiennent la production des spermatozoïdes. La testostérone exerce un rétrocontrôle négatif sur l'hypothalamus et l'hypophyse. La production de gamètes est continue et ne suit pas un cycle comparable.

Vocabulaire à maîtriser

  • Gonadotrope : qui stimule les gonades.
  • Rétrocontrôle : action d'un produit d'un organe sur l'organe qui commande sa production.
  • Cellule cible : cellule porteuse du récepteur de l'hormone.
  • Phase lutéale : période qui suit l'ovulation, dominée par le corps jaune.

Exemple analysé

Données pédagogiques simplifiées : chez une femme après la ménopause, l'activité des ovaires a presque cessé. On mesure un œstradiol de 15 pg/mL, contre 100 à 250 pg/mL pendant la phase folliculaire d'une femme en âge de procréer, et une FSH de 70 UI/L, contre 5 à 8 UI/L. Démarche : on repère d'abord que l'œstradiol est très bas, donc que la gonade ne produit presque plus de messager. On constate ensuite que la FSH est environ dix fois plus élevée. Le rétrocontrôle négatif n'étant plus exercé, l'hypophyse libère davantage de gonadotropines. Cette interprétation relie deux organes par un messager, et reste cohérente avec le modèle. Une seule mesure ne prouve pourtant pas le mécanisme : il faudrait comparer plusieurs personnes et des situations expérimentales.

Piège à éviter

Il est faux de croire que l'œstradiol freine toujours l'hypophyse. Son effet dépend de sa concentration et de la durée pendant laquelle elle reste élevée : négatif à niveau modéré, positif à niveau élevé et soutenu avant l'ovulation. Il ne faut pas non plus confondre l'organe qui sécrète une hormone et l'organe qui la reçoit : l'hypophyse sécrète la LH, mais l'ovaire est sa cible.

LH au jour 11,5 selon la présence d'ovaires et l'œstradiol

LH au jour 11,5 selon la présence d'ovaires et l'œstradiol0204060808Lot A32Lot B10Lot C44Lot DLH moyenne au jour 11,5 (UI/L)Lot (A : opération simulée, B : sans ovaires, C : sansovaires + œstradiol faible, D : C + forte dose d'œstradiol)

Faire défiler le schéma horizontalement si nécessaire.

Données fictives construites pour l'activité, non issues d'une étude réelle. Données pédagogiques simplifiées chez des femelles de rat, LH mesurée 36 heures après l'injection. Sans ovaires (B) la LH monte, un œstradiol faible la ramène près du témoin (C), une forte dose la fait monter (D). Modèle simplifié, 8 animaux par mesure.

Les séries de résultats de ces exercices sont construites pour l'activité et ne proviennent pas d'une étude réelle.

Situation-problème

Dans un laboratoire de physiologie, on cherche à comprendre comment l'hypophyse et les ovaires se coordonnent pour produire l'ovulation. On dispose du suivi hormonal et échographique d'une femme volontaire sur un cycle de 28 jours (Document 1) et d'une expérience menée sur des femelles de rat de laboratoire, animal modèle dont l'ovaire est lui aussi régulé par des hormones comparables (Document 2). Vous devez exploiter ces deux documents, relier chaque organe au message qu'il émet ou reçoit, puis évaluer ce que les données permettent réellement d'affirmer.

Document 1 : suivi d'un cycle (Données pédagogiques simplifiées)

Jour du cycleFSH (UI/L)LH (UI/L)Œstradiol (pg/mL)Progestérone (ng/mL)Épaisseur de l'endomètre (mm)
365400,43
8551000,55
138122500,79
1415402001,510
21341201212

Compte rendu d'échographie : au jour 3, nombreux petits follicules de 2 à 5 mm. Au jour 8, un follicule dominant de 12 mm. Au jour 13, ce follicule mesure 20 mm. Au jour 14, il mesure 22 mm. Au jour 15, le follicule a disparu et un peu de liquide entoure l'ovaire. Au jour 21, une structure jaunâtre de 15 mm est visible sur l'ovaire. Les règles ont débuté le jour 1.

Document 2 : expérience sur des femelles de rat (Données pédagogiques simplifiées)

Quatre lots sont constitués, chacun de 16 femelles adultes réparties en deux sous-groupes distincts de 8. Au jour 0, lot A : opération simulée (incision, sans retrait des ovaires) ; lot B : ablation des deux ovaires ; lot C : ablation des ovaires et implant libérant une faible dose constante d'œstradiol ; lot D : même traitement que le lot C. Les implants restent en place jusqu'à la fin de l'expérience. Au jour 10, toutes les femelles reçoivent une injection : véhicule seul (solution sans œstradiol) pour les lots A, B et C, forte dose d'œstradiol dans le même véhicule pour le lot D. Pour tous les lots, le prélèvement a lieu 36 heures après l'injection, au jour 11,5. Dans le premier sous-groupe de 8, une prise de sang permet de doser la LH. Dans le second sous-groupe de 8, l'utérus est pesé après euthanasie, ce qui interdit toute autre mesure sur ces animaux : la LH et la masse de l'utérus proviennent donc d'individus différents, soumis au même traitement et à la même chronologie.

LotLH moyenne au jour 11,5 (UI/L)Masse moyenne de l'utérus au jour 11,5 (mg)
A : opération simulée + injection de véhicule au jour 108160
B : ablation des ovaires + injection de véhicule au jour 103240
C : ablation + œstradiol faible dose (implant) + injection de véhicule au jour 1010150
D : ablation + œstradiol faible dose (implant) + injection de forte dose d'œstradiol au jour 1044155

Exercice 1 : exploiter un suivi hormonal chez la femme

  1. Calculez le facteur de multiplication de l'œstradiol entre le jour 3 et le jour 13, puis l'augmentation de l'épaisseur de l'endomètre en millimètres et en pourcentage.
  2. Décrivez l'évolution de la LH entre les jours 13 et 14, calculez son facteur de multiplication et indiquez l'événement observé ensuite à l'échographie.
  3. Relevez la période où la progestérone est élevée et nommez la structure ovarienne qui, d'après le compte rendu, peut la produire.
  4. Comparez FSH et LH aux jours 14 et 21, puis proposez une explication utilisant le rétrocontrôle.

Exercice 2 : analyser un protocole expérimental

  1. Expliquez le rôle du lot A, puis celui de l'injection de véhicule reçue par les lots A, B et C.
  2. Calculez la variation en pourcentage de la LH et de la masse de l'utérus du lot B par rapport au lot A.
  3. Comparez les lots B et C. Que peut-on conclure sur le rôle de l'œstradiol vis-à-vis de l'hypophyse et de l'utérus ?
  4. Comparez les lots C et D, qui ne diffèrent que par la substance injectée au jour 10 et qui sont prélevés au même moment (jour 11,5). Formulez une conclusion, puis donnez deux limites de cette expérience.

Exercice 3 : confronter les documents et argumenter

Un élève affirme : « L'œstradiol freine toujours la libération de LH, car il exerce un rétrocontrôle négatif. »

  1. Relevez dans le Document 1 une donnée qui ne va pas dans le sens de cette affirmation.
  2. Relevez dans le Document 2 une comparaison, à 36 heures après l'injection, qui la contredit aussi.
  3. Proposez une explication qui rende compte à la fois du jour 14 et du jour 21 du Document 1.
  4. Associez à l'hypothalamus, à l'hypophyse, au follicule et au corps jaune le messager émis et la cible principale.
  5. Rédigez en quatre à cinq lignes une réponse argumentée à l'élève, en précisant ce que le Document 1 montre (une concomitance chez une seule personne) et ce que le Document 2 permet de tester (un lien de cause à effet, chez le rat).

Correction complète

Exercice 1 : correction

  1. Œstradiol : 250 ÷ 40 = 6,25, soit une multiplication par environ 6. Endomètre : 9 − 3 = 6 mm d'augmentation, soit (6 ÷ 3) × 100 = 200 %. L'endomètre est donc trois fois plus épais au jour 13 qu'au jour 3, en même temps que l'œstradiol augmente.
  2. La LH passe de 12 à 40 UI/L : 40 ÷ 12 ≈ 3,3, donc un pic brutal. Le follicule de 22 mm est encore présent au jour 14 puis a disparu au jour 15 : l'échographie indique une ovulation entre ces deux jours, environ un jour après le pic de LH.
  3. La progestérone est élevée au jour 21 (12 ng/mL, contre moins de 2 ng/mL avant). Le compte rendu mentionne alors une structure jaunâtre sur l'ovaire : c'est le corps jaune, issu du follicule rompu, qui peut la produire.
  4. Au jour 14, FSH = 15 et LH = 40 UI/L ; au jour 21, FSH = 3 et LH = 4 UI/L. Les gonadotropines sont environ cinq fois (FSH) et dix fois (LH) plus basses. Au jour 21, l'œstradiol (120 pg/mL) et surtout la progestérone (12 ng/mL) sont élevés : on peut proposer qu'ils freinent l'hypophyse par rétrocontrôle négatif. C'est une hypothèse cohérente, non démontrée par un seul tableau.

Critères de réussite : calculs avec unités, comparaison chiffrée, vocabulaire exact (corps jaune, rétrocontrôle).

Exercice 2 : correction

  1. Le lot A est le lot témoin. L'opération simulée subit la même anesthésie et la même incision que les autres lots, sans retrait des ovaires. Les différences observées dans B, C et D ne peuvent donc pas être attribuées au seul stress de l'opération. Les lots A, B et C reçoivent aussi l'injection de véhicule au jour 10 et sont prélevés 36 heures plus tard, comme le lot D : le lot C est ainsi le témoin d'injection du lot D, car l'implant, le véhicule, la manipulation et le délai avant prélèvement sont identiques et seule la forte dose d'œstradiol diffère.
  2. LH : (32 − 8) ÷ 8 × 100 = +300 %, soit une valeur multipliée par 4. Utérus : (40 − 160) ÷ 160 × 100 = −75 %. Sans ovaires, la LH augmente et l'utérus s'atrophie.
  3. Au jour 11,5, dans le lot C, la LH vaut 10 UI/L, proche de 8 (lot A), et l'utérus pèse 150 mg, proche de 160 (mesuré sur d'autres femelles du même lot). Un apport d'œstradiol suffit donc à rétablir ces deux paramètres : l'œstradiol d'origine ovarienne freine la libération de LH (rétrocontrôle négatif à faible dose) et maintient la masse de l'utérus, qui est une de ses cibles.
  4. Au jour 11,5, soit 36 heures après l'injection, la LH atteint 44 UI/L dans le lot D contre 10 dans le lot C, qui a reçu le véhicule seul. Les deux lots ne diffèrent que par la dose d'œstradiol injectée : la forte dose est donc la cause la plus plausible de la hausse de LH, ce qui est compatible avec un rétrocontrôle positif. Limites possibles : 8 animaux par lot seulement ; une espèce différente de l'être humain ; une seule dose forte testée ; une seule date de prélèvement (jour 11,5), qui ne montre ni le début ni la durée du pic ; LH et masse de l'utérus mesurées sur des animaux différents ; des doses non transposables à la femme.

Critères de réussite : justification du témoin, pourcentages exacts, conclusion nuancée qui ne généralise pas à l'espèce humaine.

Exercice 3 : correction

  1. Dans le Document 1, l'œstradiol est très élevé (250 pg/mL au jour 13) et la LH augmente (12, puis 40 au jour 14) au lieu de diminuer.
  2. Dans le Document 2, 36 heures après l'injection (jour 11,5), la LH est de 10 UI/L dans le lot C (faible dose par implant, véhicule injecté) et de 44 UI/L dans le lot D (même implant, forte dose injectée) : plus d'œstradiol, plus de LH.
  3. L'œstradiol exerce un rétrocontrôle négatif lorsqu'il est modéré (jours 3 à 8, et jour 21 avec la progestérone), et un rétrocontrôle positif lorsqu'il est élevé et soutenu avant l'ovulation, ce qui produit le pic de LH du jour 14. L'effet dépend donc de la concentration et de la durée.
  4. Hypothalamus : GnRH, cible l'hypophyse. Hypophyse : FSH et LH, cible les ovaires. Follicule : œstradiol, cible l'endomètre, l'hypothalamus et l'hypophyse. Corps jaune : progestérone (et œstradiol), cible l'endomètre, l'hypothalamus et l'hypophyse.
  5. Exemple de réponse : l'affirmation est fausse dans sa généralité. Le Document 1 montre qu'un pic de LH suit une forte élévation d'œstradiol, mais ne prouve pas la cause, car il s'agit d'une seule personne et d'une simple concomitance. Le Document 2 teste la cause : en l'absence d'ovaires, et par comparaison avec une injection de véhicule seul, une forte dose d'œstradiol injectée suffit à faire monter la LH 36 heures plus tard. Le rétrocontrôle de l'œstradiol est donc négatif à faible dose et positif à forte dose, sous réserve que ce résultat obtenu chez le rat vaille pour l'espèce humaine.

Critères de réussite : deux documents mobilisés, distinction entre corrélation et causalité, limite explicite, vocabulaire correct.

Sources et programme