
Les séries de résultats de ces exercices sont construites pour l'activité et ne proviennent pas d'une étude réelle.
Stress aigu et stress chronique : réponses hormonales et régulation
Un agent stresseur est une situation perçue comme une menace ou une contrainte : effort intense, danger, évaluation, manque de sommeil, bruit prolongé. La réponse de stress est un ensemble de modifications nerveuses et hormonales qui mobilisent l'énergie et l'attention. Elle est d'abord adaptative. On distingue le stress aigu, bref et réversible (de quelques minutes à quelques heures), et le stress chronique, répété ou prolongé (de plusieurs semaines à plusieurs mois).
Deux voies de réponse
Une voie nerveuse rapide. Le cerveau (amygdale, hypothalamus) active le système nerveux sympathique, qui commande la médullosurrénale. Celle-ci libère de l'adrénaline et de la noradrénaline dans le sang. En quelques secondes, la fréquence cardiaque, la pression artérielle et la glycémie augmentent et la vigilance s'accroît.
Une voie hormonale plus lente, l'axe corticotrope. L'hypothalamus sécrète la CRH, qui stimule l'hypophyse antérieure. Celle-ci libère l'ACTH, transportée par le sang jusqu'au cortex surrénal, qui sécrète le cortisol, un glucocorticoïde. En quelques dizaines de minutes, le cortisol favorise la libération de glucose (néoglucogenèse) et module l'inflammation et la réponse immunitaire.
Une régulation par rétrocontrôle négatif
Le cortisol agit en retour sur l'hypothalamus et l'hypophyse : il freine la sécrétion de CRH et d'ACTH. Ce rétrocontrôle négatif limite l'amplitude et la durée de la réponse et ramène la concentration à sa valeur de base, en général en une à deux heures après un stress aigu. Par ailleurs, la concentration de cortisol suit un rythme circadien : maximale au réveil, minimale en début de nuit. Le stress se superpose à ce rythme.
Le stress chronique
Quand l'agent stresseur se répète, l'axe est sollicité durablement. Selon les individus et les situations, on observe un cortisol plus élevé en fin de journée, un rythme aplati (rapport réduit entre valeur du matin et valeur du soir) ou une réponse moins bien freinée, ce qui suggère un rétrocontrôle moins efficace. Ces modifications sont associées à des facteurs de risque pour le sommeil, le métabolisme ou l'immunité. Un risque combine un aléa et une vulnérabilité : il ne prédit rien de certain pour une personne donnée.
Exemple analysé
Données pédagogiques simplifiées. Un volontaire mesure son cortisol salivaire à 8 h et à 24 h. En période calme : 16 et 2 nmol/L, soit un rapport de 8. Après trois mois de surcharge : 14 et 7 nmol/L, soit un rapport de 2. Le pic matinal varie peu, tandis que la valeur du soir est multipliée par 3,5 : le rythme est aplati, ce qui est compatible avec une régulation altérée. Mais il s'agit d'une seule personne et de deux mesures par période. On ne peut pas en tirer une cause unique : sommeil, lumière, horaires et activité physique peuvent aussi intervenir.
Un piège à éviter
« Le cortisol est l'hormone du stress, donc il est mauvais. » C'est faux. Le cortisol est indispensable à la vie, son pic matinal est normal et son élévation transitoire lors d'un stress aigu est adaptée. Ce sont la durée, la répétition et la dérégulation de la réponse qui sont étudiées. De plus, observer que deux phénomènes varient ensemble (surcharge et cortisol du soir élevé) est une corrélation, qui ne démontre pas à elle seule une causalité.
Vocabulaire à maîtriser
- agent stresseur, réponse de stress
- axe corticotrope, CRH, ACTH, glucocorticoïde
- rétrocontrôle négatif, rythme circadien
Cortisol salivaire du groupe A au cours d'une journée
Faire défiler le schéma horizontalement si nécessaire.
Les séries de résultats de ces exercices sont construites pour l'activité et ne proviennent pas d'une étude réelle.
Situation-problème
Léa, étudiante, prépare un oral et affirme : « Mon stress fait monter mon cortisol. Si je reste stressée longtemps, mon cortisol sera simplement plus haut tout le temps. » Vous devez évaluer cette affirmation avec deux documents : des mesures de cortisol salivaire sur une journée chez deux groupes d'adultes, et une expérience sur des rats qui teste le rôle du glucocorticoïde dans la régulation de l'axe corticotrope. Aucun document ne suffit seul pour conclure : il faut les croiser et rester prudent sur la portée des résultats.
Document 1 : cortisol salivaire au cours d'une journée
Données pédagogiques simplifiées. Groupe A : 20 adultes sans période de surcharge. Groupe B : 20 adultes en surcharge professionnelle depuis plus de six mois. Réveil à 7 h. Valeurs moyennes, en nmol/L, relevées lors d'une seule journée ordinaire.
| Heure | Groupe A | Groupe B |
|---|---|---|
| 8 h | 15 | 14 |
| 12 h | 8 | 11 |
| 16 h | 5 | 9 |
| 20 h | 3 | 8 |
| 24 h | 1,5 | 6 |
Mesure complémentaire dans le groupe A : avant un exposé oral à 14 h, le cortisol moyen est de 6 nmol/L ; 20 minutes après le début de l'exposé, 15 nmol/L ; 90 minutes plus tard, 6,5 nmol/L. Les deux groupes n'ont pas été appariés selon l'âge ni la durée de sommeil.
Document 2 : rôle du glucocorticoïde dans la régulation de l'ACTH
Données pédagogiques simplifiées. Quatre lots de 8 rats adultes, au repos, sont comparés. Lot 1 : rats non opérés (témoins). Lot 2 : ablation des deux surrénales. Lot 3 : ablation des surrénales, puis injection quotidienne de corticostérone (glucocorticoïde principal du rat, équivalent fonctionnel du cortisol) à dose physiologique. Lot 4 : ablation des surrénales, puis injection quotidienne d'une forte dose de corticostérone. Les dosages sont réalisés sept jours plus tard (moyennes par lot).
| Lot | Corticostérone plasmatique (µg/L) | ACTH plasmatique (ng/L) |
|---|---|---|
| 1 : témoin | 60 | 30 |
| 2 : ablation | environ 2 | 150 |
| 3 : ablation + dose physiologique | 58 | 35 |
| 4 : ablation + forte dose | 250 | 8 |
Exercice 1 : exploiter le rythme du cortisol
- Décrire l'évolution de la concentration de cortisol au cours de la journée dans chaque groupe.
- Calculer pour chaque groupe la diminution relative (en %) entre 8 h et 24 h, puis le rapport valeur de 8 h sur valeur de 24 h.
- Calculer la variation relative du cortisol du groupe A pendant l'exposé oral (entre 14 h et 20 minutes après le début). La comparer à la variation relative du groupe A entre 12 h et 16 h, et en déduire ce qui distingue une réponse aiguë du rythme circadien.
- Citer deux limites des données du Document 1.
Exercice 2 : analyser une expérience de régulation
- Préciser le rôle des lots 1 et 2 dans la comparaison.
- Calculer le rapport ACTH du lot 2 sur ACTH du lot 1, puis la variation relative de l'ACTH du lot 4 par rapport au lot 1.
- Expliquer pourquoi le lot 3 est nécessaire, puis déduire des lots 2, 3 et 4 le type de régulation exercé par le glucocorticoïde sur la sécrétion d'ACTH.
- Formuler une prévision, non testée par ce document, sur la sécrétion de CRH dans le lot 4, en justifiant qu'il s'agit d'une hypothèse.
Exercice 3 : confronter les documents et argumenter
- Confronter l'affirmation de Léa (« cortisol plus haut tout le temps ») au Document 1. Est-elle validée ?
- En utilisant le Document 2, proposer une hypothèse expliquant les valeurs du soir plus élevées dans le groupe B, en précisant ce qui reste à démontrer.
- Un camarade conclut : « le stress chronique provoque un aplatissement du cortisol chez tout le monde ». Critiquer cette conclusion en trois arguments.
- Proposer un protocole d'observation sans danger (mesures non invasives, sans conseil médical) qui renforcerait la conclusion, puis rédiger en quatre lignes une conclusion prudente.
Correction complète
Exercice 1 : correction
- Description. Groupe A : le cortisol est maximal à 8 h (15 nmol/L) puis décroît régulièrement jusqu'à 1,5 nmol/L à 24 h, ce qui correspond à un rythme circadien marqué. Groupe B : le pic matinal est voisin (14 nmol/L), mais la décroissance est bien plus faible (6 nmol/L à 24 h). Les valeurs de B dépassent celles de A de 12 h à 24 h, avec des écarts de 3, 4, 5 puis 4,5 nmol/L.
- Calculs. Groupe A : (15 − 1,5) / 15 = 0,90, soit une baisse de 90 % ; rapport 15 / 1,5 = 10. Groupe B : (14 − 6) / 14 = 0,571, soit une baisse d'environ 57 % ; rapport 14 / 6 ≈ 2,3. Le rythme de B est donc aplati.
- Réponse aiguë. Pendant l'exposé : (15 − 6) / 6 = 1,5, soit +150 % en 20 minutes, puis retour à 6,5 nmol/L après 90 minutes (environ +8 % par rapport à la base). Entre 12 h et 16 h : (5 − 8) / 8 = −37,5 % en 4 heures. La réponse aiguë est rapide, de sens opposé à la baisse circadienne, de grande amplitude et réversible.
- Limites. Une seule journée de mesure ; groupes de 20 personnes, moyennes qui masquent la variabilité individuelle ; groupes non appariés (âge, sommeil) ; corrélation sans preuve de causalité. Deux limites suffisent.
Critères de réussite : pourcentages et rapports corrects avec unités, comparaison de la rapidité des phénomènes, limites argumentées.
Exercice 2 : correction
- Le lot 1 est le témoin : il donne les valeurs de référence (60 µg/L, 30 ng/L). Le lot 2 teste l'effet de la suppression de la source de glucocorticoïde.
- 150 / 30 = 5 : l'ACTH est multipliée par 5 sans surrénales. Lot 4 : (8 − 30) / 30 = −0,733, soit une baisse d'environ 73 % de l'ACTH.
- Le lot 3 vérifie que l'augmentation d'ACTH du lot 2 est due à l'absence de glucocorticoïde et non à l'opération : avec 58 µg/L, l'ACTH (35 ng/L) revient près de la valeur témoin (+17 %). Plus la corticostérone est élevée, plus l'ACTH est basse : 2, 58 puis 250 µg/L correspondent à 150, 35 puis 8 ng/L. C'est un rétrocontrôle négatif, dépendant de la dose.
- Hypothèse : la CRH hypothalamique serait diminuée. Le document ne mesure pas la CRH, et ne précise pas si le freinage s'exerce sur l'hypothalamus, l'hypophyse ou les deux. C'est donc une prévision à tester.
Critères de réussite : rôle des lots justifié, calculs exacts, distinction entre résultat établi et hypothèse.
Exercice 3 : correction
- L'affirmation n'est pas validée telle quelle. Le matin, B n'est pas plus élevé que A (14 contre 15 nmol/L). Seules les valeurs de 12 h à 24 h sont plus hautes : c'est un aplatissement du rythme, pas une élévation permanente. Le Document 1 montre aussi qu'une élévation aiguë est transitoire.
- Hypothèse : une sollicitation prolongée de l'axe, ou un rétrocontrôle moins efficace, maintiendrait une sécrétion d'ACTH puis de cortisol plus forte en soirée. Le Document 2 montre que le rétrocontrôle existe chez le rat, mais pas qu'il est altéré chez le groupe B. Il faudrait mesurer l'ACTH et la réponse à un freinage chez des personnes exposées.
- Arguments : corrélation sans preuve de causalité (sommeil, âge, horaires non contrôlés) ; échantillon de 20 personnes et une journée, donc pas de généralisation à « tout le monde » ; extrapolation du rat à l'humain limitée.
- Protocole : suivre les mêmes volontaires avant et pendant une période de surcharge, sur plusieurs jours, avec prélèvements de salive et relevé du sommeil. Conclusion type : dans ces données simplifiées, le groupe en surcharge présente un rythme de cortisol plus aplati. Cela est compatible avec une régulation moins efficace, comme le suggère le rétrocontrôle montré chez le rat. Le lien causal n'est pas démontré et reste limité à l'échantillon étudié.
Critères de réussite : nuance de l'énoncé de Léa, trois critiques pertinentes, protocole réalisable, conclusion prudente.

